 | .. | Une des définitions que l'on pourrait donner au mot foi serait qu'il s'agit d'un sentiment surnaturel que l'intelligence accorde librement en raison du seul témoignage divin comme assentiment aux véritées que l'Esprit Saint propose comme révélées par Dieu. Les caractères de l'acte de foi sont très divers et en tout cas différents du mot foi dans son acception la plus courante: l'acte de foi évoque la liberté, la certitude, l'obscurité ou la surnaturalité. Dans l'AT, la foi commence avec l'attention à Dieu. Elle devient solidité en Dieu, confiance en Dieu (étym: se fier à Dieu), fidélité à Dieu. Et la fidélité consiste à s'attacher aux promesses de Dieu. Fidélité de l'espérance et confiance patiente puisent leurs forces dans le souvenir du passé. Avoir la foi, c'est résolument s'appuyer sur Dieu. Dom Cozien (ndla: ancien TRP Abbé de l'Abbaye Saint Pierre de Solesmes) disait de la foi qu'elle est 'l'appui calme de tout l'être sur l'Invisible". Elle est connaissance de Dieu, toujours attentive au présent car dans chaque moment présent s'inscrit Sa volonté. Et d'ailleurs, Lui être fidèle développe l'obéissance. a foi s'épanouit en louanges, dans l'admiration et aboutit en adoration. Elle s'épanouit en contemplation lorsque face à Dieu, seul, le désirer lui même fait oublier les biens qu'Il nous donne. Désirer Dieu c'est voir Sa face. La foi apporte protection divine et sécurité. Si l'on creuse un peu l'AT, l'on peut s'apercevoir que croire est plus ontologique qu'épistémologique au contraire du NT lorsque le Seigneur s'exprime et dit à ses disciples "Pour vous, qui suis-je ?". | Dans le NT, l'on trouve pas loin de 300 fois le verbe croire et près de 250 fois le mot foi. Nous nous croyons que la conversion est à l'origine de la foi qui passe nécessairement par NS Jésus Christ et aller à sa rencontre met en relief le problème de la vérité. La foi est la décision personnelle d'un homme libre. Oui l'Homme est libre et il choisit dans ce qu'il voit pour être enclin à croire. La foi est aussi christocentrique et la présence de Dieu en elle est le moment de la vérité. D'ailleurs, chez saint Paul, foi et connaissance s'identifient substentiellement à tel point que pour lui, la foi ne peut s'engager au service de Dieu qu'en s'engageant dans l'Eglise qui est son corps, avec obéissance et construction. Mais la foi n'est pas un acte cérébral. Elle suppose un don de tout l'être à Dieu. L'aspect théocentrique de la foi est fondamental et l'intelligence dans la foi est capitale. La foi tourne l'attention de l'Homme vers la Parole de Dieu. Premier acte d'adoration, elle est réception et reconnaissance du don de Dieu. Quelle est la nature de ce don ? L'union à Dieu en et par NS Jésus Christ. Il faut ici souligner cette vérité: la foi est une démarche unitive avec Dieu, une démarche profondémment transformante qui n'est pas un élément de la vie psychologique. Elle est en nous, oeuvre des 3 personnes divines. Saint Jean témoigne quant à lui des personnes divines comme caractériqtique de l'intervention de Dieu dans la foi. La foi est réellement un don Dieu en cela que Dieu se communique lui même par foi et se découvre lui même à nous. Elle est intrinsèquement un don surnaturel car elle est participation à la vie personnelle de la Sainte Trinité. Regardons de plus près ce que dit l'Enchiridion Symbolorum de Denzinger au numéro 174: "Dieu appelle tous les hommes à la foi et leur donne la grâce suffisante pour y parvenir quelque soit leur position historique...". La foi ne peut s'imaginer que dans une vie écclésiale. Elle n'est pas une vie solitaire ou privée, elle possède une dimension publique. Nous pouvons d'ailleurs voir un lien très fort entre la foi et l'Eglise. La foi passe par la médiation incontournable de l'Eglise, elle est un acte publique. Elle rapproche les croyants et sépare des incroyants en ce sens qu'elle opère le rassemblement de l'Eglise. L'unité de la foi devient alors visible et l'Eglise fait la foi. Il convient d'ailleurs d'être très humble sur ce sujet car nous sommes un parmi les autres et force est de constater que: - la foi de l'Eglise transcende la foi du chrétien car elle est accordée d'abord à l'Eglise toute entière avant de l'être au chrétien
- la foi de l'Eglise l'emporte (car elle est infaillible) puisqu'elle est formée par la charité
Une forte relation s'est établit entre la foi et l'Eglise: - La foi vit de l'Eglise et,
- l'Eglise, à la fois école, autorité et médiation sacramentelle, vit elle aussi de la foi car elle engendre l'unanimité extérieure. Ainsi confesser sa foi s'impose à tout baptisé.
La foi du chrétien relève de NS Jésus à l'intérieur de l'Eglise. "Je crois" ne peut être dit que lorsque nous sommes solidaires d'un "nous croyons". Le chrétien est d'abord un homme écclésial. La foi ne demande qu'à croître et nous pensons que cela ne peut se produire que par la répétition d'un certain nombre d'actes d'une perfection toujours plus intense. C'est le cas de tous les dons de Dieu d'ailleurs et celle-ci peut grandir et s'accroître quand elle nous fait connaître un plus grand nombre de vérités. Ces vérités peuvent se classer en 4 catégories: - Les vérités de foi
- Les vérités proches de la foi
- Les vérités écclésiales
- Les opinions théologiques (+ ou - probables)
Nous devons nous appuyer sur la vérité première la plus forte c'est à dire Dieu. Et la foi grandit au fur et à mesure de notre connaissance de Dieu et de notre amour pour lui. Notre foi est-elle pleine de maturité ? Oui, dès qu'elle existe mais ce n'est pas forcément le cas de l'esprit qui l'accueille car en réalité, on n'a jamais fini de se convertir ce qui suppose de faire un effort sur soi et s'ouvrir aux uatres. Le croyant discerne où est situé le centre de la doctrine et l'objet révélé devient la vérité avec un grand v. La religion n'est pas seulement culte mais doit prendre le pas sur tous les moments de notre vie. Soyons intelligents quand même ! Un fidèle mûr doit savoir distringuer le principal de l'accessoire. La maturité donne plus d'objectivité dans la foi et permet d'apprécier ses propres réactions. Elle élargit considérablement la pensée religieuse et humaine car elle invite à intégrer dans notre mode de pensée les réalités terrestres et humaines et nous rappelle le sens de nos responsabilités vis à vis de nos frères. Elle unifie la pensée et la vie. Son acquisition dépend: - du milieu d'origine du chrétien
- du fait que la foi du croyant ne doit pas être cachée
- de l'éducation religieuse que l'on aurait reçue ou non
- si l'on laisse agir notre foi sur les autres
Comment se retrouve cet esprit de foi dans la Règle de NB Père ? SB, nous le savons était un très grand homme de foi et celui-ci considère a plusieurs reprises cet esprit de foi, à la fois: - comme une manière de juger de toutes choses du point de vue supérieur de la foi
- comme la désignation de l'emprise de la foi sur la pensée et sur l'action
- comme la conviction très grande des vérités de la religion
Pour lui, cet esprit de foi est dévotion issue des dons du Saint Esprit et spécialement celui d'intelligence, une mentalité inspirée par les jugements de foi. L'esprit de foi a quelques liens avec les dons du Saint Esprit, mais ceux-ci ne lui sont pas totalement identiques.L'esprit de foi est ce qui demeure approprié même quand le Saint Esprit a disparu et que sa motion a cessée. Nous oserons toutefois le parallèle ici: - Intelligence: L'âme reçoit comme une perception immédiate de la vérité et s'élève à une connaissance de Dieu plus parfaite mais toujours négative du fait de l'incompréhensibilité de Dieu.
- Science: l'esprit de foi donne une plus juste appréciation des valeurs crées pour utiliser le monde comme la condition de notre cheminement vers la vie éternelle.
- Sagesse: elle complète le don de Science en donnant exactement l'appréciation des choses divines et en nous apprenant le sens surnaturel de Dieu.
- Crainte: elle achève l'esprit de foi dans la ligne intérieure.
- Conseil
"1100 objections ne font pas un doute" - Cardinal Newmann.
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